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Documents secrets sur la déstabilisation de la Syrie /Qatar l’Arabie Saoudite l’Egypte et la Turquie dans l’aiguisement de la crise syrienne

 

 

 

Documents secrets sur la déstabilisation de la Syrie

Qatar l’Arabie Saoudite l’Egypte et   la Turquie dans l’aiguisement de la crise syrienne

Le quotidien libanais al-Akhbar a déclaré avoir reçu des milliers de documents secrets démontrant l’implication du Qatar, de l’Arabie Saoudite, de l’Egypte et de la Turquie dans l’aiguisement de la crise syrienne.

C’est un groupe actif dans le domaine de la cyber-guerre, baptisé « l’armée syrienne électronique » qui a livré ces documents au journal al-Akhbar, après avoir piraté des sites officiels du Qatar, de l’Arabie Saoudite, de l’Egypte, et téléchargé des milliers de documents confidentiels

Dans son numéro de mercredi, al-Akhbar a publié deux documents classés « très secrets » sur une rencontre tenue en septembre 2012 entre le premier ministre qatari Hamad ben Jassem et le président égyptien Mohammad Morsi dans laquelle ils discutent de la situation en Syrie.

Dans cette réunion, Hamad ben Jassem a révélé avoir contacté l’administration russe pour la convaincre d’abandonner Bachar el-Assad en échange d’un engagement de la part de « l’armée syrienne libre » de protéger sa base maritime en Syrie.

Dans un premier document, le président égyptien Morsi dit à l’adresse d’Hamad ben Jassem combien il a « été contrarié par l’initiative de dialogue entre les confessions prises par le roi saoudien » alors que « nous étions d’accord sur la question syrienne ».

Hamad ben Jassem : Nous avons été également surpris. Nous l’avions rencontré la veille et il n’a rien mentionné sur cette question.

Morsi : Nous devons adopter une position sérieuse.

Hamad ben Jassem : Je pense que tout va changer après les élections américaines et allemandes…

Morsi : Si les Iraniens décident de trouver une solution à la crise en Syrie, ils seront les gagnants et ils s’approcheront de la Turquie et du Golfe (persique).

Hamad ben Jassem : Nous avions de bonnes relations avec la Russie et l’Iran et des puits de pétrole communs ; si seulement les Russes disaient que le régime en Syrie va tomber. J’ai parlé au téléphone pendant quarante minutes avec le président Vladimir Poutine. C’était une mauvaise conversation ; pourtant nous entretenions des relations cordiales. Cela dit, les Russes commencent à perdre leur patience et veulent une solution.

Morsi : Pourquoi veulent-ils une solution ?

Hamad : Ils ont une base maritime en Syrie ; nous leur avons dit que nous pouvions obtenir l’engagement de la protéger de la part de l’armée syrienne libre mais les Russes ont refusé.

Ce document montre par ailleurs que l’aide financière fournie par le Qatar à l’Egypte n’est qu’une série de prêts avec intérêt, en contrepartie de privilèges et d’avantages accordés à l’émirat du Golfe afin qu’il puisse investir dans l’industrie sidérurgique en Egypte.

Dans un second document il y a le compte rendu d’une réunion tenue en octobre 2011 entre le prince héritier du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani et le ministre turc des Affaires étrangères Ahmad Davutoglu.

Selon ce document, Davutoglu évoque la nécessité de ne pas donner au président Bachar al-Assad la chance de diriger le pays jusqu’en 2014, car il parviendrait alors à « éliminer l’opposition ».

Davutoglu : Il faut maintenant isoler Assad économiquement. Il est déjà en faillite. Nous avons parlé avec l’Iran ; les Iraniens nous ont demandé de lui donner un délai de plusieurs mois. Nous leur avons dit d’essayer par tous les moyens de le convaincre de partir. Salehi [ministre des affaires étrangères iranien] est un homme bon.

Le prince héritier : Nous devons persévérer.

Davutoglu : Nous voulons envoyer un message aux Russes et aux Chinois ; les Arabes doivent parler avec ces deux pays pour leur assurer que nous ne voulons pas d’une situation similaire à la Libye. Nous devons convaincre la Russie et la Chine de ne pas soutenir Bachar. Il ne faut pas donner une autre chance à Bachar, parce qu’il va éliminer l’opposition s’il continue à gouverner jusqu’à 2014.

Le prince héritier : Il doit cesser les hostilités aujourd’hui. Vous avez fait tout ce que vous pouvez le faire. Mais un soutien arabe est nécessaire.

Almanar – 24 janvier 2013.

MediaBeNewsPublié le 25/01/2013