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L’opinion publique choquée après l’assassinat de 18 gendarmes /elwatan

 

 

L’opinion publique choquée après l’assassinat de 18 gendarmes

Comment est-ce possible ?

Elwatanle20.06.09 par Kamel Beniaiche

La localité de Mansourah, située à 30 km de Bordj Bou Arréridj, a été, mercredi vers 19h30, le théâtre d’une embuscade meurtrière au lieudit Oued Kessir, à 3 km du centre urbain. Dix-huit gendarmes et deux civils ont été tués dans ce traquenard minutieusement préparé par des terroristes qui ont, dans un premier temps, attaqué un campement de gendarmes chargés de la sécurité du chantier de l’autoroute Est-Ouest au lieudit Hammam Bibans (Portes de fer), situé à 70 km du chef-lieu de wilaya. Cette frappe des terroristes, qui se sont vraisemblablement scindés en deux groupes, n’a été qu’une diversion à un grand coup. En effet, 30 km plus loin, la patrouille de gendarmerie de Bordj Bou Arréridj, assurant la relève, tombe dans un piège.

 

Les terroristes, dont le nombre oscillait, selon des témoins oculaires, entre 30 et 40, ont attaqués à l’aide de roquettes (RPG) les deux 4x4 Toyota transportant une vingtaine d’hommes. La première et la dernière voiture du convoi, qui était composé de six Land-Rover, ont été foudroyées par la violence de l’explosion. Les deux véhicules se sont immobilisés sur la route, prenant feu instantanément. A la faveur du relief accidenté et touffu constitué de forêts denses, de virages et autres descentes, à proximité d’un pont, jouxtant Oued Kessir, les criminels bien embusqués aux abords de la RN5 ont surpris les gendarmes par des tirs nourris.

Visiblement pris de court par une telle attaque dans une région où les services de sécurité ont infligé ces derniers temps de grosses pertes aux terroristes, les gendarmes n’ont pas eu, nous dit-on, le temps pour bien riposter. Selon des témoins oculaires, les assaillants ont barré les accès de la route à l’aide de deux semi-remorques. Le chauffeur de l’un de ces engins, âgé de 65 ans, est tué sur le coup. Son corps a été retrouvé, le lendemain de l’attentat, dans un ravin. D’après les mêmes sources, les terroristes, qui ont racketté les automobilistes, leur soutirant de l’argent et 12 téléphones portables, ont attaqué le convoi à l’aide de lance-roquettes RPG7 et d’armes automatiques. Un jeune homme de 43 ans, qui était à bord d’un véhicule, a été tué de sang-froid par balle puis égorgé devant son frère terrifié. La victime a été assassinée parce qu’elle assurait la fonction de gardien de prison à Batna.

Par la suite, toujours selon des témoins, les sanguinaires ont investi la chaussée pour filmer leur boucherie et s’emparer d’un lot d’armes composé, nous dit-on, de 21 kalachnikovs, 2 PM (Makarov) 6 radios, 21 gilets pare-balles, 21 tenues, 12 grenades et 2000 balles. Une fois leur sinistre forfait accompli, les assaillants ont pris la fuite vers des directions inconnues à bord de deux Peugeot 505 et de deux Renault (R19 et Scénic).

Notons que trois gendarmes et trois civils, dont une femme, ont été blessés dans cette embuscade, la plus meurtrière jamais enregistrée dans la région. La riposte des forces de sécurité, qui ont mobilisé d’importants moyens, a été rapide. L’on apprend que le massif de Mansourah fait, depuis jeudi, l’objet d’une opération de ratissage de grande envergure. Le général-major Boustila et le commandant de la Ve Région militaire se sont, nous dit-on, déplacés jeudi à Bordj Bou Arréridj où ils ont évalué la situation.

Hier, l’endroit où a eu lieu cet ignoble attentat, ainsi que les monts environnants, étaient investis par les forces de sécurité ; l’armée, la gendarmerie et les patriotes, présents en grand nombre, sont déterminés à ratisser les maquis de la région, notamment la forêt de Bougten (faisant jonction avec la wilaya de Béjaïa) où quatre terroristes ont été abattus en avril dernier.

Avant de rebrousser chemin, nous sommes allés à la rencontre des habitants de Mansourah, révoltés, qui n’ont pas caché leur indignation. « Nous sommes meurtris dans notre chair ; même s’il est aux abois, le terrorisme continue d’ensanglanter le pays, il doit être combattu », ont-ils dit, réclamant une plus grande fermeté à l’encontre de la bête immonde. « Ce crime odieux qui a fait 20 autres victimes doit donner à réfléchir aux chantres de l’amnistie générale, lesquels ne doivent pas occulter le sang des défenseurs de la République. Ces derniers ne peuvent ni ne doivent faire des concessions qui n’en finissent plus », ajoutent d’autres citoyens de la wilaya de Bordj Bou Arréridj, toujours sous le choc.

 

Par Kamel Beniaiche